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Où trouver des madriers ?

jeudi 11 décembre 2008, par Jean Landré

Des matériaux anciens

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Point n’est besoin de rappeler la philosophie générale du projet : soutenable. Pas question d’utiliser le béton pour soutenir un plancher. Selon certaines informations provenant d’un membre de la famille Li (celle du taximan), une maison abandonnée pourrait offrir ses composants

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La maison est située en montagne, une soixantaine de Km au-delà de Guilin. Une expédition est décidée pour le 9 décembre. DaST pourrait éventuellement l’acheter pour récupérer les matériaux : tuiles, madriers, chevrons, charpente et autres panneaux de bois.

280 Km dans la journée

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Le réveil est programmé pour 6h30. Il fait froid. Penny, Fred et Jean sont à pied d’œuvre à 7h mais Li, le taximan a oublié de se réveiller. Un appel cellulaire le jette hors de son lit. On voit la maison s’éclairer en face. Il passe prendre son cousin et un autre gars qui connaît le chemin pour atteindre cette maison. L’aventure commence par 10Km de chemin caillouteux pour atteindre Baï-Sha.

Dumplings au breakfast

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Tout-juste le temps de prendre le petit déjeuner avec des dumplings [1] puis 80km de route goudronnée et un bout d’autoroute pour doubler Guilin et c’est le début de l’enfer. La route est irrégulièrement goudronnée. Des travaux par endroits, obligent un passage à une voie. Elle se rétrécit et devient un chemin rocailleux sur lequel le petit combi brasse hardiment ses six occupants, sans jamais dépasser 15 Km/h. L’équipage s’arrête plusieurs fois pour évaluer quelques ruines.

Montagne en vue

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Les Karsts disparaissent au profit d’une vraie chaine de montagne. Quand le taxi saute sur un caillou plus gros que les autres, Fred pousse un cri qui ne fait plus rire personne. Chacun s’accroche comme il peut mais les amortisseurs tiennent le coup. Li et ses deux compères jacassent mais Penny ne peut traduire ce qui se dit. Les villageois parlent un patois dérivé du cantonnais, qu’elle ne comprend pas. Quand va-t-on arriver ? Le chemin suit un torrent. Sommes-nous vers la source de la rivière Li qui baigne Guilin ?

Longue montée à pied

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Le taxi s’arrête. Les français comprennent qu’il va falloir poursuivre à pied. 40 minutes de montée sont annoncées. C’est la fin de la période sèche mais les ruisseaux se font encore entendre. L’eau captée par les terrasses alimente les rizières. Le paysage est magnifique. La côte se raidit et les marcheurs doivent laisser place à deux mulets qui descendent des troncs de « l’arbre de fer », exploité dans cette montagne.

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La fatigue commence à se faire sentir. « Tout ça pour des madriers ? » lance Jean. « Tais-toi, tu me sapes le moral » répond Fred qui prend un peu de repos en zone ombragée. Une bonne heure plus tard la fameuse maison abandonnée est atteinte. Plus personne ne veut plus habiter par ici. Elle n’est pas en mauvais état. La charpente est très correcte. Un essaim d’abeille s’est installé sous les solives.

Tomates et miel

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Les hommes de Li se chargent d’extraire les étages de cire et le miel qu’ils partagent avec le reste de l’équipe. Des tomates-cerises ornent le mur côté sud. Elles sont surtout les bienvenues pour leur jus qui étanche la soif des grimpeurs et lavent les traces de miel sur leurs doigts.

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Fred serait prêt à acheter cette épave. Tout dépend du prix. Il laissera à son régisseur, le soin de négocier. Mais quelle énergie pour venir tout démonter ici et descendre tout cela à dos d’homme et de mulet. Est-ce vraiment sage ?

Un peu faim

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Cela fait bien 6h d’efforts et d’inconfort. Le retour est le bienvenu. Le taxi descend quelques arpents de chemin chaotique, jusque à la ferme de la sœur de Li, sur une hauteur vers la droite. La ferme est disposée comme celle de là-haut. Une soupe est proposée aux visiteurs. Les hommes déversent du riz soufflé et des arachides dans chaque bol de bouillon. C’est bon. On en reprend, le temps que la cuisinière torde le cou d’une poule. Les chinois sont moins bavards au retour. La fatigue se ressent. Il fait nuit noire. La lune est presque pleine. Pourvu que le chauffeur ne s’endorme pas. A guilin, il loupe la bretelle d’autoroute, fait demi-tour et revient à contre sens en serrant à gauche sur la bande d’urgence. Fred préfère ne pas regarder. Il a la migraine et a oublié son paracetamol.

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[1Dumplings (et non dumpings, comme l’avait suggéré le correcteur orthographique). La relecture de Fred vient de mettre les pendules à l’heure. Les dumplings sont des boulettes blanches, cuites à la vapeur et très appréciées des français. M. Li, l’hôtelier s’en est aperçu et sert des dumplings de Baï-Sha tous les matins, maintenant... ce qui horripile Frédéric !

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